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Hubert Germain, une vie pour nos libertés

HOMMAGE À HUBERT GERMAIN

12 octobre 2021, Paris, le lieutenant Hubert Germain décède à l’hôpital militaire des Invalides. Cet homme était le dernier compagnon de la Libération. Les Français perdent un héros qui s’est battu pour nos libertés fondamentales, contre la barbarie nazie. Avec lui, une page se tourne. Une page de l’Histoire de France. Par ces quelques lignes, tâchons de rendre hommage à cet homme et aux Compagnons de la Libération. 

L’ordre de la Libération fût créé par le Général de Gaulle le 16 novembre 1940 afin de « récompenser les personnes ou les collectivités militaires et civiles qui se seront signalées dans l’œuvre de libération de la France et de son Empire ». Dans l’esprit du Général, cet ordre devait distinguer les héros qui s’étaient battus au péril de leur vie contre l’Allemagne nazie et le régime de Vichy. Au total, 1 061 croix de compagnons furent décernées, dont 6 à des femmes ; 5 à des communes : Paris, Île-de-Sein, Nantes, Grenoble et Vassieux-en-Vercors. Nombre d’entre eux se battirent le 25 août 1944 pour libérer la capitale, permettant au Général de clamer son célèbre « Paris ! Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! Mais Paris libéré ! Libéré par lui-même, libéré par son peuple avec le concours des armées françaises ». D’autres n’eurent pas la chance de connaitre cette délivrance, mourant pour leur idéal avant la fin de la guerre. Ce fut le cas de Mathurin Henrio, jeune homme de 14ans qui décéda d’une balle allemande après avoir aidé des maquisards à s’enfuir de Baud (Morbihan). Décoré à titre posthume, c’est le plus jeune compagnon de la Libération. 

Certes le Général de Gaulle créa cet ordre pour honorer ces résistants. Néanmoins, les Compagnons de la Libération permettent aux Français de prendre conscience de l’importance de la révolte face à l’oppresseur. Le Général de Gaulle les a pensés comme des exemples afin que jamais plus, nous ne puissions envisager la soumission face à la barbarie. Ce devoir de mémoire fut largement repris par ses successeurs. La promotion 2018-2021 de l’École spéciale militaire de Saint-Cyr fut ainsi baptisée Compagnons de la Libération. Cette reconnaissance n’est pas seulement française puisque le 18 juin 2020, Boris Johnson décida de faire des 4 derniers compagnons, Edgard Tupët-Thomé, Pierre Simonet, Daniel Cordier et Hubert Germain, des membres de l’ordre de l’Empire britannique. Réjouissons nous, le rayonnement de la France passe par ces Hommes. 

Ainsi, le dernier Compagnon de la Libération, Hubert Germain décéda le 12 octobre 2021. Ce militaire français fut un véritable héros. Son opposition à l’Allemagne nazie débute dès juin 1940. En classe préparatoire pour intégrer l’École navale, il décida finalement de rendre copie blanche lors des écrits. Dédier deux ans de sa vie à un concours, pour finalement ne pas le passer. Voilà quelque chose de courageux. Il refusait de participer à la soumission de l’armée vaincue. Au lieu de ça, il partit pour Londres le 24 juin 1940, en réponse à l’appel du Général de Gaulle. Alors que beaucoup acceptèrent au début la défaite et firent confiance au Maréchal Pétain, il n’envisagea pas une seule seconde cette option. Quel courage à seulement 20 ans ! 

Durant la guerre, il fait ses armes à la bataille de Bir Hakeim (février 1942), au sein de la 13ème demi-brigade de Légion étrangère. Aide de camp du général Kœnig de 1945 à 1949, son engagement pour la France se poursuivra en politique à partir de 1950. Exerçant la fonction de maire à Saint-Chéron (Essone) de 1953 à 1965, il est élu député du 13ème arrondissement de Paris entre 1962 et 1973. Durant le mandat de Pompidou, il sera membre du gouvernement Messmer, d’abord en tant que Ministre des Postes et Télécommunications puis comme Ministre des Relations avec le Parlement. Une vie bien chargée au service de la France. Celle-ci se termine à l’âge de 101ans. Les honneurs lui seront rendus. Il sera inhumé le 11 novembre au Mont-Valérien, une reconnaissance essentielle pour cet officier !

La vie d’Hubert Germain et des compagnons de la Libération est riche d’enseignements pour notre génération. À l’heure de l’abstentionnisme, de la méfiance envers la politique, cette abnégation pour la France doit sonner comme un signal d’alerte. Nous nous devons de marcher dans leur pas. Se battre pour une cause qui nous dépasse, c’est ce qui manque à notre génération. Amoureux de la France, ces hommes et ces femmes avaient une haute idée de celle-ci. Ils ne pouvaient l’imaginer sans sa grandeur. Malheureusement, la France doit refaire sens pour tous les jeunes citoyens. Aimer son pays est la façon de produire des héros. Aucun Homme ne s’est jamais battu pour une cause à laquelle il n’est pas charnellement attaché.

La proche temporalité entre le décès d’Hubert Germain et l’anniversaire de l’assassinat de Samuel Paty doit être observée. Gageons de prendre cela comme un avertissement. Quand l’islamisme radical offre un plus grand idéal à des jeunes désoeuvrés que la France, la barbarie est inéluctable. Nos responsables politiques ont une immense responsabilité envers les Compagnons de la Libération. Elle les oblige. Aux politiques de mettre en place les mesures nécessaires pour favoriser le patriotisme. Enseigner l’Histoire de France, tant dans ses grandes périodes que ses heures noires, sans jamais se renier, tel est l’équilibre qu’il faut trouver. 

La cohésion sociale passe par un rattachement à un idéal commun. Ce doit être la France. Ce doit être ces héros qui, sans jamais faiblir, nous permettent d’être aujourd’hui libres. Les chiffres sont sans appel, l’engagement pour la France n’est plus. En 2009, plus de 30 600 Français s’étaient engagés dans l’Armée française. En 2014, ils n’étaient plus que 19 500. Le constat est dramatique. Le nombre d’engagés s’est réduit de plus d’un tiers. Nous devons en tirer des conséquences. Le Général de Villers, dont la légitimé en la matière est difficilement contestable, regrette cela. Loin de stigmatiser les jeunes qui ne sont pas patriotes, il aime rappeler que les jeunes sont toujours à la recherche d’un idéal. Il doit seulement être audible et visible. Acceptons le, la France n’y arrive plus. Heureusement, cela n’est pas irréversible. La France a toujours su se relever quand elle allait mal. Les Compagnons de la Libération nous l’enseignent. Soyons fiers de nos valeurs pour être engagés. 

Mon lieutenant, nous n’oublierons jamais vos si bons mots « Quand le dernier d’entre nous sera mort, la flamme s’éteindra. Mais il restera toujours des braises. Et il faut aujourd’hui en France des braises ardentes ». À nous, jeunes générations, de l’habiter, de la rendre attractive aux yeux de tous les Français. Nous avons des devoirs envers vous, Compagnons de la Libération. Le combat que vous avez mené ne peut être oublié. Nous l’honorerons. Permettez moi de finir ce modeste hommage par ces mots. Nous avons dit à Simone Veil, « Madame nous vous aimons ». Soyez assurés, que pour vous, nous pouvons sans crainte déclarer : Mesdames et Messieurs les Compagnons de la Libération, nous vous admirons. 

Louis Sastre pour Jeunesses de France, le 18 octobre 2021.

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Louis SASTRE

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